Dépendance à l'héroïne :
A l'accoutumance vient rapidement s'ajouter la dépendance. Pour certains, la dépendance s'installe après une seule prise et débouche ainsi immédiatement sur une toxicomanie grave. La dépendance à l'héroïne peut se définir ainsi :
-Le besoin de drogue est grand. Si on n'en a pas, on est malade.
-La recherche de la drogue occupe la plus grande partie de la journée.
-Vivre sans héroïne devient impossible à imaginer.
-Rien d'autre n'a plus la moindre importance, ni les amis, ni le travail, ni les loisirs.
Pourtant, toutes les personnes dépendantes ont commencé par dire qu'elles ne le seraient jamais. Lorsque leur dépendance est manifeste pour les autres, elles la nient encore. Et c'est seulement lorsqu'il est beaucoup trop tard qu'elles acceptent l'évidence.
« Au début, quand on me disait que j'allais devenir une junkie, je rigolais. Je disais que je ne me laisserais jamais avoir. Et puis, j'ai commencé à faire la manche pour avoir ma dope. Je ne voulais toujours pas voir que j'était devenue accro. Maintenant, je ne m'en sors plus. »
Dès que la dépendance commence à s'installer chez le consommateur de poudre, toute une série de symptômes physiques et psychiques lui rendent la vie plus difficile, ce qui l'incite à reprendre une nouvelle dose le plus rapidement possible.
Le manque :
L'héroïne intoxique le corps. Dès qu'il n'a pas sa dose, l'organisme réagit fortement, c'est ce qu'on appelle le manque. Le toxicomane est alors victime de vomissement, de diarrhées, de constipation. Il a des sueurs froides, des crampes musculaires, des problèmes respiratoire, des insomnies. Il se sent très mal physiquement.
« Quand je vient de consommer, je vais bien. Quand je suis en manque, c'est l'obsession. Je suis prêt à tout pour trouver ma dose. »
Quand la crise de manque survient, le toxicomane ne cherche plus que de la drogue pour retrouver un état de bien-être : ce qu'il veut par-dessus tout, c'est supprimer le malaise physique qui l'envahit, ne plus avoir mal !
Du point de vue psycologique, il ressent le phénomène de manque d'une façon tout aussi aiguë : il est angoissé, dépressif. Le manque le plonge dans un état d'agitation intense. Bref, il a l'impression irrépressible qu'il ne peut vivre sans sa dose. Et pourtant, un héroïnomane ne meurt jamais d'une crise de manque. Ce qui peut en revanche le faire mourir, c'est la volonté d'en finir avec la vie, les maladies souvent graves qui l'affectent en raison de sa toxicomanie et, surtout, le surdose.